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vendredi 17 août 2012
Chris Marker en Sibérie
mercredi 7 décembre 2011
Chris Marker rêve de l'Amérique qui rêve 2.
Chris Marker rêve de l'Amérique qui rêve 1.
lundi 5 décembre 2011
Le Japon par Yefime. 2.
Le Japon par Yefime
En 1954, Chris Marker dirige la collection Petite Planète au Seuil.
Le 21e titre, Japon par Yefime (mais qui était Yefime ?), paraît en 1964. L’ombre de Marker plane bien entendu sur l’ouvrage. Il est l’auteur de la photographie de couverture pour la réédition de 1970 : un visage de jeune fille, masque énigmatique au regard impénatrable, sort de l’ombre comme les personnages de La Jetée. A l’intérieur, une autre photo : les passagers du métro dont plus tard Sandor Krasna, le caméraman médium de Sans Soleil, enregistrera les rêves.
Le 21e titre, Japon par Yefime (mais qui était Yefime ?), paraît en 1964. L’ombre de Marker plane bien entendu sur l’ouvrage. Il est l’auteur de la photographie de couverture pour la réédition de 1970 : un visage de jeune fille, masque énigmatique au regard impénatrable, sort de l’ombre comme les personnages de La Jetée. A l’intérieur, une autre photo : les passagers du métro dont plus tard Sandor Krasna, le caméraman médium de Sans Soleil, enregistrera les rêves.
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| Couverture de l'édition 1964 |
lundi 26 septembre 2011
Chris. Marker nous parle des sorcières-chattes japonaises
"Je ne sais pas combien il s’est fait de films sur la Bake-neko. Qu’ils soient tous ignorés en Europe en dit long sur la culture de cette petite péninsule caractérielle. (En Amérique, on peut les voir sur la côte Ouest, grâce aux stations de TV japonaises.) Le déroulement est toujours le même : un homme est assassiné. Le chat, témoin du meurtre, fait entrer son esprit dans le corps d’une femme — et là, quelle que soit la version, il y a toujours une scène prodigieuse, celle où la femme commence à mêler, dans ses gestes, le comportement du chat au sien, quand elle se met à griffer lentement l’air avec sa… patte, quand elle se met à laper au lieu de boire. Cette femme va devenir l’instrument de la vengeance, et les meurtriers, elle va leur faire passer le goût du saké. Mais ce qui est très caractéristique, c’est que ce personnage de vengeresse somme toute sympathique au regard de la morale populaire va inévitablement en faire trop. La vengeance déchaînée s’étend à d’autres innocents, le sang coule à flots, et rituellement (après qu’on ait eu droit par exemple, pour citer un des plus beaux fleurons du genre, à sa tête coupée volant au-dessus des maisons) le conte s’achève par la mort cruelle de la femme-chat qui reprend son apparence, comme le Docteur Jekyll et l’homme invisible. La violence une fois lâchée, le désordre est partout, il ne peut pas se satisfaire d’une élémentaire loi du talion, meurtre pour meurtre ; toute idée de justice, de réparation est dérisoire, la violence ne s’achèvera qu’en s’engloutissant elle-même, comme un volcan."
Chris. Marker, Le dépays (1982).
Le texte intégral du Dépays : ici
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dimanche 25 septembre 2011
Le dossier de presse de Sans soleil de Chris Marker
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vendredi 20 mai 2011
J-horror 4 : "Duo en hommage au Japon", performance de Yôko Higashi et Lionel Marchetti

Yôko Higachi rejoint cette mélancolie dont parle Chris Marker dans Sans soleil en citant Samura Koichi : «Qui a dit que le temps vient à bout de toutes les blessures ? Il vaudrait mieux dire que le temps vient à bout de tout, sauf des blessures. Avec le temps, la plaie de la séparation perd ses bord réels. Avec le temps, le corps désiré ne sera bientôt plus, et si le corps désirant a déjà cessé d’être pour l’autre, ce qui demeure, c’est une plaie sans corps.»
Le butô est-il une plaie sans corps ?

Elle est à la fois un androïde dont la fonction aurait été perdue et qui ne serait plus qu’une mécanique emballée, vide de sens. Et un fantôme qui viendrait d’une terre empoisonnée, celle où les bêtes irradiée meurent, sans même savoir pourquoi.
Elle étouffe, s’asphyxie. L’air est devenu irrespirable. Elle ne peut plus tenir debout et a perdu toute stature humaine : elle descend un escalier à l’envers rampe sur le sol, comme si elle était devenu un animal d’une autre espèce.
Enfin elle hurle alors que les ténèbres se referment autour d’elle. Le Cri de Munch qui résonnait à travers le siècle passé ne s’est toujours pas tu. On peut l’entendre dans le silence de Fukushima.
Elle étouffe, s’asphyxie. L’air est devenu irrespirable. Elle ne peut plus tenir debout et a perdu toute stature humaine : elle descend un escalier à l’envers rampe sur le sol, comme si elle était devenu un animal d’une autre espèce.
Enfin elle hurle alors que les ténèbres se referment autour d’elle. Le Cri de Munch qui résonnait à travers le siècle passé ne s’est toujours pas tu. On peut l’entendre dans le silence de Fukushima.

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lundi 5 juillet 2010
Sans soleil 5 : On lui racontait qu’une femme défigurée
"On lui racontait qu’une femme défigurée ôtait son masque devant les passants,
et les griffait s’ils ne la trouvaient pas belle."
Lorsque Chris Marker tourne Sans soleil, en effet une étrange psychose court à travers le Japon : la femme défigurée (kuchisake onna)

et les griffait s’ils ne la trouvaient pas belle."
Lorsque Chris Marker tourne Sans soleil, en effet une étrange psychose court à travers le Japon : la femme défigurée (kuchisake onna)
Entre le printemps et l'été 1979, une légende urbaine (toshi densetsu) racontait qu'une femme, la visage dissimulé derrière un masque de chirurgien (accessoire usuel des Japonais contre la pollution et les maladies), demandait aux enfants rentrant de l'école à la nuit tombée : " Est-ce que vous me trouvez belle ? "

Si l'écolier répondait "oui", par politesse, elle ôtait son masque et révélait une bouche fendue comme par un rasoir. " Est-ce que vous me trouvez belle ?" répétait-elle.

Si l'enfant s'enfuyait elle n'avait pas de mal à le rattraper, car l'un des attributs de la femme défigurée est de courir à une vitesse stupéfiante.
Si l'enfant s'enfuyait elle n'avait pas de mal à le rattraper, car l'un des attributs de la femme défigurée est de courir à une vitesse stupéfiante.
Après s'être saisit de l'enfant, elle lui tailladait le visage avec des ciseaux, en lui disant : " Je te fais ce que la vie m'a fait ! "
En fait, que l'enfant réponde par "oui" ou par "non", l'issue est identique. Le seul moyen d'échapper à la femme défigurée reste de ne jamais la rencontrer.
images : la femme défigurée dans l'adaptation réalisée en 2007 par Kôji Shiraishi.
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