vendredi 1 octobre 2010

Fugueuses (The Runaways, Floria Sigismondi 2010)



Magnifique façon de faire commencer la relation amoureuse entre Joan et Cherie à l'intérieur du concert.‭ ‬Plans‭ "‬rough‭"‬,‭ ‬magistraux mais classiques,‭ ‬des films de concerts,‭ ‬et peu à peu le cadre se resserre autour du duo de Joan et‭ ‬Jett, et on entre dans des plans de filles en transes,‭ ‬des chanteuses en‭ ‬extases au souffle suspendu.‭ ‬Jusqu'au plan qui ne s'inscrit dans aucun décor,‭ ‬aucun contexte autre que la pure sensualité‭ ‬:‭ ‬le dos nu de Cherie et le sourire équivoque de Joan.‭ ‬Un beau plan vampire où Kristen Stewart ne cache pas d'où elle vient.‭
Le propre des Runaways est de toujours fuguer,‭ ‬loin de leur maison,‭ ‬loin de leur pays et même loin du groupe et du succès.‭ ‬Là,‭ ‬dans cette scène,‭ ‬les filles fuguent hors du concert et de la scène,‭ ‬pour rejoindre le lieu rêvé de leur désir,‭ ‬où jamais on ne les‭ ‬retrouvera.



















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mardi 7 septembre 2010

Carrie, version infernale japonaise

Un grand plaisir du cinéphile collectionneur à Tokyo sont les fameux "pamphlet", ces livrets vendus aux spectateurs à la sortie des films. Ici celui de Carrie de Brian de Palma, et sa splendide mise en page en éclaboussures rouges et bleues.














mercredi 1 septembre 2010

La fille du lac


Il y a quelques années j'achetais ces photos dans un vide-grenier ; elles étaient perdues dans un carton, au milieu de centaines d'autres : mariages, premières communion, repas dominicaux... images très eustachiennes ; mais celles-ci étaient différentes. Tout de suite, elles m'ont accrochées
C'est toi, bien sûr, qui m'as intrigué, avec tes faux airs de Simone Simon. Et ce lac. Et une certaine atmosphère de fatalité et de solitude. On dirait les images d'un film noir américain, adapté de James Cain peut-être, ou français, un Clouzot grisâtre et désespéré.
Toi et ton compagnon, cet homme au visage sans charme, vous semblez perdu au milieu du grand lac, presque un marais, dans la lumière basse de la fin d'après-midi. C'est l'arrière saison, encore douce dans le sud de la France, et même si l'eau commence à se refroidir, tu souris tout de même lorsqu'il te dit : " Allez, recule un peu plus, tu as encore pieds, je te prends en photo."
Tu souris alors que déjà tombe ce crépuscule si particulier à la campagne, un peu rouge et marron, qui étouffe les rêves et les espoirs.







dimanche 22 août 2010

The Jess Franco Experiment



Faites l'expérience. Prenez au hasard un film de Jess Franco, si possible hors des années 60/70. Choisissez plutôt les années 80, période où il profite de la libéralisation de la censure espagnole pour aligner, frénétiquement, les productions érotiques fauchées. Historia sexual de O, par exemple, qui date de 1984 et fut sans doute tourné simultanément avec Mil sexos tiene la noche. Le titre lui-même est pittoresque : comme s'il fallait rajouter "sexual" à un classique de la littérature érotique. Passons puisque le film n'a de toute façon rien à voir avec le roman de Pauline Réage. Il s'agit d'une succession de scènes érotiques, ici soft, où Franco s'amuse avec ses figures favorites de trio et de voyeurisme. On reconnait les canevas, inspirés de La Philosophie dans le boudoir de Sade, ayant déjà servis à Eugénie (version 1969, avec Christopher Lee et Maria Rohm) ou encore Plaisir à 3 (1974, avec Alice Arno).
Le but du jeu est de se promener dans le film pour vérifier l'adage qui veut qu'il y ait toujours, dans n'importe quel film de Jess franco, une scène ou un plan que l'on ne verra jamais ailleurs. J'aurais pu choisir le cauchemar kaléidoscopique final où l'infortunée jeune fille est hantée par ses bourreaux, transformés en monstres vêtus de cuirs. Je préfère une scène plus anodine, une parmi les nombreuses combinaisons sexuelles que propose le film.
Transparait ici le plaisir toujours renouvelé de Jess Franco d'inventer, à l'instant même du tournage, un cadrage inédit. Jess Franco reste un artiste qui, par un simple recadrage/décadrage peut extraire un magnifique portrait féminin, et transformer un homme en entité menaçante, un mannequin rigide aux mains d'araignée.
Au terme de l'expérience, on aura prouvé, s'il en était besoin, qu'il n'y a pas de mauvais film de Jess Franco.







vendredi 13 août 2010

遠方の彼方から. Shinjuku-Shibuya


La ligne JR Saikyō relie directement Shinjuku et Shibuya en 4mn. Elle est pourtant un peu moins pratique que la Yamanote puisque le quai est assez loin de la sortie Hachiko.
Sur la vidéo, vers 3mn30, on peut apercevoir le parc où les homeless ont montés leurs maisons en cartons, recouvertes de bâches bleues.









mercredi 11 août 2010

遠方の彼方から. Cimetières japonais





Les cimetières de Tokyo (comme dans toutes les grandes villes) sont des lieux de calme, mais ils sont aussi le territoire des corbeaux, énormes comme des vautours, et des cigales qui livrent une sorte de concert permanent de musique électronique;
Il n'y a pas de murs autour des grands cimetières japonais, en tout cas ceux de Yanaka et Ikebukuro. Une des raisons est qu'il ne viendrait à l'idée des jeunes baka d'aller vandaliser les tombes – autant par respect que par crainte de s'attirer la colère d'un spectre.
Il y a donc des routes et des rues qui traversent les cimetières et on les emprunte pour se rendre à l'école, au travail ou pour aller faire ses courses.
A Yanaka, il y a aussi des petits jardins d'enfants en bordure des tombes.
On imagine alors traverser le cimetière à la nuit tombée et voir, éclairé par la lune, un écolier jouer sagement à la balançoire.

Cimetière de Yanaka









Cimetière d'Ikebukuro





lundi 9 août 2010

遠方の彼方から. Trésors de bouquinistes

Il y a au Japon une vraie culture des bouquinistes, que ce soit dans les chaînes comme Mandarake (idéal pour dénicher des mangas d'horreur des années 80), Book-off et des quartiers comme Nakano ou Jimbocho.
C'est un plaisir de passer des heures à feuilleter des revues d'avant-garde des années 60/70, et mesurer combien l'underground japonais était vivace.
Les mises en page sont toujours splendides, ce qui est encore le cas aujourd'hui.
On trouve aussi des "pamphlets", ces livrets - souvent luxueux - vendus aux spectateurs à la fin des séances (une tradition qui a existé en France et qui perdure au Japon). Il y en a des centaines, dont les prix varient entre 100 et 500 yens (entre 1 euros et 5 euros) pour les films des années 70 et 80 (de Dario à Carpenter en passant par Evil Dead et Mad Max, l'amateur de fantastique à de quoi devenir fou).
Pour les films japonais plus anciens, comme ceux de l'ATG, le prix reste abordable, aux alentour de 2000 yens (un peu moins de 20 euros), si l'on considére qu'ils'agit de films aussi mythique que "L'extase des anges" de Wakamatsu ou "Les funérailles des roses" de Matsumoto.