jeudi 17 novembre 2011

La Mort n'en saura rien




- Vous me cherchiez... comme votre sœur.
Vous l’aurez voulu.
Je viens vous prendre.
- Qui êtes-vous ?
- Les Trois Mères, vous n’avez pas compris ?
Mater Tenebrarum...
Mater Lacrirarum...
Mater Suspiriorum...
Mais on nous désigne par un seul nom qui emplit d’effroi le cœur des hommes.
Ils nous appellent LA MORT !

Dario Argento, Inferno (1980)

Fellini, Roma (1971)




Autres images
"La mort n’en saura rien"
Reliques d’Europe et d’Océanie Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie
13 octobre 1999 – 28 février 2000

1. Joseph Anton Seethaler, orphèvre
Statue reliquaire de Saint Pancratus (1777
Allemagne Augsbourg
2. Gisant de Saint Prosper (1790)
Fribourg

mercredi 16 novembre 2011

Maria


Qui est Simon Yotsuya ?



Le hasard objectif fait toujours bien dans les choses, surtout dans les bibliothèques. La semaine dernière, je flânais à celle de la MCJP. Au rayon des ouvrages sur les jouets, je découvrais un grand livre rouge, catalogue de l’exposition consacrée à Simon Yotsuya, créateur de poupées. Sans connaître son nom, j’avais déjà vu ses œuvres dans un numéro de Yaso consacré à Bellmer.




Le livre présentait un étrange personnage, un très beau travesti photographié par Eikoh Hosoe et plusieurs de ses créations allant de «classiques» poupées d’inspiration bellmerienne à des simulacres plus inquiétants. Un jeune garçon ouvrant son abdomen pour dévoiler ses entrailles comme un mannequin anatomique ;



d’autres jeunes garçons et filles, dont l’armature dévoilée contrastait de façon dérangeantes avec l’hyperréalisme de leurs traits, de leur peau de plastique et de leurs organes génitaux ;




plus insolites encore des poupées adultes, musculeuses et barbues, aux traits anodins mais mélancoliques.


Simon Yotsuya... avec son curieux prénom français... parfois appelé Shimon Yotsuya. Il y avait du Molinier chez lui, autant que du Bellmer. En tout cas un de ces artistes japonais flamboyant et excentrique comme je les affectionne. Je me promettais de faire des recherches sur le personnage... Une pièce cruciale m’apparut aujourd’hui. Toujours à la MCJP, je lisais un gros catalogue d’exposition sur les avant-gardes japonaises. Le Labyrinthe d’herbes de Terayama passant le soir même, j’allais au chapitre du théâtre. On parlait de évidemment de Terayama, mais aussi de Juro Kara et de sa troupe Jokyo Gekijo et ses comédiens incroyables : Akaji Maro, Reisen Ri et... Simon Yotsuya. Le créateur de poupées faisait donc partie d’une des plus tumultueuses troupes d’avant-garde japonaise des années 60.
Le meilleur document possible sur le Jokyo Gekijo est le film d’Ôshima, Journal d’un voleur de Shinjuku en 1969. Il y a tout, Juro Kara, ogre charismatique et sensuel, la tente rouge du temple de Hanazono à Shinjuku (oui, celui que l’on traverse souvent la nuit pour aller à Golden Gai) et ses comédiens fardés, outranciers, dont Simon Yotsuya - si j’ignorais son nom, son visage ne m’était donc pas inconnu.



C’est l’une des particularités de l’avant-garde japonaise, peut-être due au petit périmètre où évoluait ses acteurs, essentiellement Shinjuku, de les voir circuler entre les catégories artistiques (le héros du Journal d’un voleur n’est autre que Tadanori Yokoo, star du pop art japonais).
Mais tout ça, au fond, ne me dis pas qui est vraiment le créateur de poupées Simon Yotsuya. Une affaire à suivre.


lundi 14 novembre 2011

La belle Clarimonde



«Elle sauta à bas du lit avec une agilité animale, une agilité de singe ou de chat, et se précipita sur ma blessure qu'elle se mit à sucer avec un air d'indicible volupté. Elle avalait le sang par petites gorgées, lentement et précieusement, comme un gourmet qui savoure un vin de Xérès ou de Syracuse ; elle clignait les yeux à demi, et la pupille de ses prunelles vertes était devenue oblongue au lieu de ronde. De temps à autre elle s'interrompait pour me baiser la main, puis elle recommençait à presser de ses lèvres les lèvres de la plaie pour en faire sortir encore quelques gouttes rouges.»
Théophile Gautier, La morte amoureuse.




L'enfer commence avec L 

Sous les arcades de ses yeux
Il y a eu tant d'amoureux,
Tant de passants provisoires

Et puis soudain,
De mon coeur à son coeur comme l'écho
D'un amour qui me laisse sans voix
Toujours dans mon ombre
La nuit soupire, me dévisage

Sans rendez-vous,
Là, d'un seul coup,
Elle boit le bleu de mes rêves
J'attends son heure
Quand le soir ouvre le bal,
Je me pique à son étoile
L'enfer commence avec L

Sous les arcades de ses yeux,
J'envisage mes nouveaux cernes
Cocktail de pâleur, bloody mortel
Mon mauvais ange
Se change, pour me plaire,
En belle de nuit
Et son souffle sur mes lèvres
Joue avec le feu
Sans éteindre ma vie
Joue encore...

Sans rendez-vous,
Là, d'un seul coup,
Elle boit le bleu de mes rêves
Puis m'abandonne
Quand le jour ferme le bal
Son éternité me tue
L'enfer commence avec L

Aucun miroir
Ne peut la voir
M'enlacer
Pour mieux me glacer.
Je sens sa fièvre,
Comment garder mon sang-froid ?

mardi 1 novembre 2011

Last song for you


Les sourcils et la bouche de Momoe Yamaguchi étaient parfaitement rectilignes, son nez était lui aussi mince et droit, et son menton d’un ovale parfait. Une beauté pure et absolue que l’on croirait sortie d’un manga.
Née en 1959, elle n’avait que 13 ans lorsqu’elle commença à chanter en uniformes de marin. On lui concocta des textes à double sens dont les sous-entendus sexuels (à l’image des Sucettes de Gainsbourg) contrastaient avec son allure de sage écolière. En 1980, elle épousa l’acteur Tomokazu Miura et se retira de la scène après un ultime concert.
Le dernier morceau qu’elle chanta en public est l’un de ses chefs-d’œuvre : Last song for you, qui de fait acquit un statut mythique.
La vidéo est l’une des plus mélodramatiques de Momoe, qui pleure, presque sans interruption, pendant les 7mn que dure le morceau.
On admirera comment les sanglots et la voix brisée deviennent une part intégrante du chant de Momoe. On s’interrogera aussi sur une érotique des larmes, tant Momoe suffoque et s’abandonne pendant les 8mn que dure la vidéo.
On admirera la blancheur sensuelle et hypnotique de ses bras nus.
On admirera le panoramique remontant le long de la robe blanche en corolle, sa gorge soulevée par le chagrin, son cou tendu vers le ciel et son visage renversé, encadré de fleurs.
Accroché à sa main, un pan de la robe fait du tissu entier, le mouchoir qui recueille ses larmes.  
   


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lundi 31 octobre 2011

Etrange petite fille



Si les films sont les fantasmes de la vie, les vidéo-clips sont le fantasme de ces fantasmes. Adolescents, on pouvait tomber amoureux d’actrices, mais souvent et plus encore de ces créatures anonymes que l’on apercevait dans les video-clips. Cet amour durait le temps de la diffusion du clip à la télévision, et leur visage s’évanouissait peu à peu. Qui étaient-elles d’ailleurs ? Apprenties comédiennes ou mannequins ? Groupies des chanteurs ou clientes d’une boutique de vêtements punks à Londres ? Leurs 3mn de célébrité stockées dans les archives des maisons de disques, on ne pensait jamais les revoir. Et puis est arrivé Youtube. Les vidéo-clips devenaient des capsules temporelles idéales où nous retrouvions ces figures du passé, figées dans leur adolescence et bien plus encore dans notre adolescence. Celle qui pourrait toutes les résumer serait la jeune fille de Strange Little Girl des Stranglers. Une punkette parmi d’autres, un peu à la dérive dans la grande ville ; une proie facile pour les étrangleurs qui rodent.
Tes yeux noirs et ton sourire, au fond, on ne les avait jamais oubliés.



L'Atalante par Roland Topor


jeudi 27 octobre 2011

Kotaro Okoshi



" One day I asked a high school friend of mine about her hobbies and she answered "Plastic models." And another high school girl told me she was way into military uniforms. She's so into uniforms that she's even got a German officer's uniform from WW2! Then there was another girl in my class named Hiromi, she picked up this giant larva and said she wanted to be an entomologist when she grows up."
Kotaro Okoshi
(Texte de page de garde de Figuisch)

Affiches de films français, versions japonaises





Celle-ci n'est pas une affiche japonaise mais est tout de même très belle.






Les affiches sont issues du catalogue de l'exposition "Affiches de films français de l'après-guerre" au National Film Center de Tokyo,  janvier-mars 2010.